La dame du manoir de Wildfell Hall
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La Dame du manoir de Wildfell Hall – Anne Brontë

La Dame du manoir de Wildfell Hall est publié pour la première fois en 1848. Ecrit par Anne Brontë, peut-être la moins connue des trois célèbres sœurs Brontë.

La Dame du manoir de Wildfell Hall - Anne Brontë
La Dame du manoir de Wildfell Hall – Anne Brontë

On considère généralement ce roman comme une des premières œuvres féministes.

Il faut bien entendu replacer l’œuvre dans son contexte pour comprendre l’aspect féministe de la Dame du manoir de Wildfell Hall.

Si vous n’opérez pas un déplacement de point de vue, si vous jugez la Dame du manoir de Wildfell Hall à l’aune de ce que vous connaissez aujourd’hui du féminisme, vous n’y verrez bien entendu rien de révolutionnaire et vous serez sans doute déçu.

Un petit mot sur l’histoire

Helen, veuve, s’installe seule avec son fils au manoir de Wildfell Hall où elle vit comme une recluse. L’installation de cette jeune inconnue intrigue le voisinage et alimente les rumeurs.

Cette jeune veuve éveille tout particulièrement l’intérêt d’un de ses voisins, Gilbert Markham. Intrigué, attiré, il va tenter de comprendre cette femme mystérieuse.

Rapidement, le lecteur pressent avec Gilbert que cette femme cache ou fuit quelque chose.

Le roman est volumineux : 564 pages aux éditions Archipoche. Mais vous verrez, les pages se tournent sans effort. On ne s’ennuie pas une seule minute.

La construction du récit et les personnages

Les personnages sont bien construits, crédibles et attachants.

La construction du récit alterne des lettres rédigées par Gilbert et le journal intime d’Helen.

Au fil de sa lecture, le lecteur récolte les différentes pièces d’un puzzle qu’il lui faut assembler lui-même.  Des éléments qui nous proviennent de protagonistes différents et qui sont donc empreints de partialité. Limités à la subjectivité du protagoniste.

Le lecteur doit dès lors non seulement assembler les éléments épars, mais également les confronter pour tenter de reconstruire lui-même l’histoire. Se faire son propre point de vue.

En d’autres termes, l’agencement de la Dame du manoir de Wildfell Hall oblige le lecteur à construire non seulement l’histoire mais également sa propre opinion, ce qui sollicite son propre imaginaire.

L’influence du roman gothique

La Dame du manoir de Wildfell Hall est un roman sombre et intense, généralement qualifiée d’œuvre romantique.

Néanmoins, comme c’est d’ailleurs le cas dans beaucoup de romans des sœurs Brontë, mais dans celui-ci tout particulièrement, l’influence du roman gothique est évidente.

Un peu à l’image des Hauts de Hurlevents d’Emily Brontë avec lequel la Dame du manoir de Wildfell Hall entretient d’ailleurs de nombreux liens. Manoirs sinistres, paysages désolés, atmosphère sombre et mystérieuse, âmes tourmentées.

Ceci dit, le romantisme entretien selon moi, par nature, des liens étroits avec le roman gothique.

En effet, comme le roman gothique, mais dans une mesure différente, le romantisme exalte le mystère et le fantastique. Il s’oppose à la raison pure et froide. Ils ont également tous deux un intérêt marqué pour le passé.

La différence, selon moi, entre le roman gothique et le romantisme se situe dans la manière dont ils exaltent le mystère.

Le roman gothique se tourne vers l’ombre et les ténèbres, tandis que la plupart des romantiques recherchent l’évasion, et le ravissement dans le rêve. Le romantisme a également quelque chose de plus mélancolique que le roman gothique.

Le romantisme n’exclut toutefois pas le morbide et le sublime. Cette élégance, cette subtilité dont je vous parle dans mon article sur le roman gothique.

La traduction française

Certains se plaignent de la mauvaise qualité de la traduction française chez Archipoche. Les plus sévères vont jusqu’à trouver que la piètre qualité de cette traduction hôte tout intérêt littéraire au roman. Qu’elle rendrait le style plat et trop répétitif.

Personnellement, je n’y ai pas été sensible. J’étais, je suppose, trop absorbée par l’histoire pour m’en émouvoir. Et j’ai pris autant de plaisir à lire la Dame du manoir de Wildfell Hall que Les Hauts de Hurlevents.

Au contraire, j’ai trouvé que la Dame du manoir de Wildfell Hall était, dans son style, résolument moderne et qu’il n’était pas du tout difficile à lire pour un lecteur contemporain.

La lecture m’a paru légère, sans être stupide.

Je ne doute bien entendu pas que la version originale soit encore plus savoureuse et si vous en avez les moyens il est évidemment toujours préférable de lire un livre dans sa langue originale.

Mais malheureusement si l’on ne maîtrise pas suffisamment la langue on peut également passer à côté de toute une série de choses intéressantes.

Pour conclure

La Dame du manoir de Wildfell Hall fait partie des romans qui m’ont littéralement marquée. Je ne sais pas si c’est un chef-d’œuvre, ni si tout le monde devrait le lire. Et bien sûr je ne peux pas vous garantir qu’il vous plaira.

C’est bien entendu une question de sensibilité, mais il ne fait aucun doute que la Dame du manoir de Wildfell Hall a largement touché la mienne.

Je terminerai par une citation qui montre toute la nuance qu’Anne Brontë parvient à mettre dans son récit :

« Que nous importe ce qu’ils pensent si nous sommes contents de nous-même  (…) même si l’opinion des autres a peu d’importance, même si vous estimez qu’ils n’ont aucune valeur humaine, il n’est pas agréable d’être considérée comme une menteuse et une hypocrite, d’être accusée d’actions abominables, de voir toutes vos bonnes intentions mal interprétées ; d’avoir les mains liées parce que l’on vous juge indigne, de voir que tout le monde se refuse à croire que vous respectez certains principes »

La Dame du manoir de Wildfell Hall – Anne Brontë

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