Sara Dombret

Mon style? Qu’est-ce qu’il a mon style? J’ai un style moi ?

Mon style? Oui, je vais vous parler de mon style. Un écrivain, c’est comme ça, c’est un peu nombriliste.

Voilà plus d’un mois qu’A nos membres fantômes est sorti. J’ai donc reçu l’avis de plusieurs lecteurs et Amélit m’a même fait l’honneur de parler de mon livre dans un de ses points lectures (je la remercie chaleureusement d’ailleurs).

Mon style

Je suis très étonnée d’entendre ou de lire que j’ai un style particulier. Il parait même que « c’est un peu déstabilisant au début mais qu’après on s’y fait ». Ouf, on s’y fait.

Je ne m’étais rendue compte de rien. J’ai écrit mon histoire ou plutôt, j’ai retranscrit ce qu’une voix racontait à mon oreille. Cette voix est celle d’une femme. Une femme qui parle plus qu’elle n’écrit. Si au début du roman ce langage parlé est particulièrement présent, c’est parce que sa voix se fait cri. Cri d’outre-tombe, enfin évacué. Pas mon cri non. Celui de la voix qui parle à travers moi.

Décalage

Ces réflexions sont très intéressantes et m’ont fait beaucoup réfléchir. Comme il est curieux que nous soyons déstabilisés par un livre qui utilise un langage qui, pour la plupart, est celui de notre quotidien. Un quotidien rythmé par un manque de temps qui nous fait sacrifier les négations au profit de la rentabilité. Quel décalage entre ce quotidien et le langage attendu d’un livre. Comme si la littérature se devait de mieux se vêtir. Mais ne serait-ce pas une manière, en quelque sorte, de refuser son époque ?

Je ne sais pas. Pas pensé à tout ça en écrivant. Je me suis contentée de servir d’instrument à cette voix qui harcelait mes oreilles.

J’assume

J’ai donc un style. Je crois que je suis plutôt flattée de le découvrir. J’étais à mille lieues de me l’imaginer. Ceci dit, et quoi que je sois dans l’ensemble plus flattée que déçue, je ne saurais dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose. Ce que je sais c’est que c’est aussi authentique que ça pouvait l’être. Ou pour le dire autrement et reprendre les termes d’Amélit : assumé.

Rapide et dense, mais j’espère fluide. Finalement ce style n’est peut-être que l’expression de mon catéchisme : ce n’est pas parce qu’un livre est divertissant, qu’il développe une histoire qui tient le lecteur en haleine, qu’il ne sollicite pas son intelligence et sa collaboration.

Quoi qu’il en soit, si vous ne le l’avez pas encore lu, j’espère que vous l’apprécierez malgré tout, ou disons, malgré moi, malgré mon style.

Ce que je retiens pour le suivant

Je continuerai à assumer ce style qui semble être le mien et dont j’ai à peine conscience. Par souci d’honnêteté et d’authenticité. Et qui sait quel style aura la voix qui me murmurera ma prochaine histoire. Au fond, ce style n’est peut-être pas vraiment le mien.

Par contre, je crois que je donnerai plus de place au discours direct, afin de permettre au lecteur de respirer.

À ce propos, je l’ai commencé, le suivant. Enfin, je n’ai pas encore commencé à l’écrire, mais je fais des recherches et je construis petit à petit l’intrigue et les personnages. C’est très excitant.

Je vous en dis plus dans un prochain article que je compte faire sur les « oubliées de la littérature », quoiqu’en vous disant ça, vous aurez déjà compris de quoi parlera mon prochain livre.

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