Collection Femmes de lettres oubliées

Anne François

Anne François (1958-2006) est une femme active, elle enseigne, voyage, réalise des pièces de théâtres, des courts-métrages, et travaille également pour la RTBF où elle sera notamment réalisatrice. Elle a à cœur de valoriser le travail des artistes.

Elle écrit une pièce de théâtre et deux romans : Nu-tête et Ce que l’image ne dit pas. Deux œuvres sensibles, pleines d’humanité et de pudeur toutes deux primées, l’une du Prix Rossel en 1991, l’autre du Prix Marguerite Van de Wiele, en 1997. Ces deux œuvres, quoique témoignages poignants, sont des pures fictions. Anne François a toujours insisté sur ce point, même si elle inscrit ses personnages dans des lieux et des situations qu’elle connait, qu’elle a elle-même rencontrés, soit directement, soit indirectement.

Titre(s) réédité(s)

Nu-tête (1991)
Nu-tête Anne François

Cécile, une danseuse habituée à maîtriser son corps, découvre, dans sa vingt-deuxième année, qu’elle est atteinte de la maladie de Hodgkin.

L’occasion pour elle de s’interroger sur sa vie. Sur la vie. L’amour, la souffrance, la mort, le regard des autres. Cécile se parle. Se découvre.

Le récit s’organise en quelque sorte en « trois temps ». Celui de Cécile qui nous fait part, en toute sincérité et non sans pudeur de son expérience, celui du médecin. Personnage étrange, inquiétant, presque malsain dans son intimité, et enfin, les comptes rendus médicaux, secs, froids, objectifs.

Ces « trois temps » rythment le récit, le dynamise et permettent d’en faire un témoignage poignant tout en évitant les écueils d’une histoire qui, du seul point de vue de la malade aurait pu verser dans le « Pathos ».

Ce qu’Anne François aborde, tant à travers la voix de Cécile qu’à travers celle du médecin c’est, moins la maladie que le lien entre le stress psychologique et les pathologies malignes du sang. Autrement dit, notre propre capacité d’auto destruction, les conséquences du « refus de soi ». Thèmes qui, plus que jamais, demeurent d’actualité.

Pour Cécile, la maladie de Hodgkin est comme un message envoyé par son corps. Un avertissement qui la mettrait en demeure : à défaut de changement, la mort.

Mais Anne-François va plus loin en nous montrant le pouvoir « rédempteur » ou « purificateur » de la maladie. Si elle « déforme et défigure », elle « dessille les yeux », elle « évacue ».

La maladie entraîne Cécile au fond d’elle-même, lui laisse le temps de s’interroger, de se chercher, de « fouiller la mémoire de son corps ». D’identifier les « cadavres » qui s’amoncèlent dans son corps. Et, « sous le poids de cette pourriture » se retrouver enfin.

Nu-tête a reçu le prix Rossel en 1991.

Première édition :
Date de réédition :
Nombre de pages :
Prix :
1991
Novembre 2019
130
14€

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