Présentation de la Collection Femmes de lettres oubliées

La collection femmes de lettres oubliées est une collection créée par la maison d’édition Névrosée dont l’objectif est de rééditer des femmes de lettres, belges dans un premier temps, oubliées ou méconnues, et devenues difficiles d’accès au public.

Pourquoi cet oubli ?

De nombreuses femmes de lettres anglo-saxonnes sont encore bien connues du public et continuent de susciter l’intérêt des lecteurs alors que dans la littérature francophone nous n’avons retenu, à peu de choses près, que Georges Sand et Colette. Pourtant, de nombreuses autres femmes ont réalisé des ouvrages intéressants.

Au 19e, à l’époque où les canons littéraires sont établis en France, l’idéologie est très misogyne. On pense encore qu’une femme ne peut ni être artiste ni avoir du talent. Que son œuvre n’est jamais qu’une pâle copie du génie masculin. Et, dans les très rares cas où cela devrait arriver, la femme perdrait alors sa nature de femme pour devenir un « être hybride ». Si elle entreprend une carrière, elle devra  renoncer à être femme. Intégrer les femmes dans les canons littéraires est un non-sens à l’époque.

En Belgique, les choses ne sont pas très différentes : on considère généralement avec une pitié indulgente les rares femmes qui s’intéressent aux lettres mais on ne tolère pas du tout celles qui ambitionnent d’en faire leur profession. La nationalité belge constitue un handicap supplémentaire pour tout écrivain francophone.

Que cette injustice ait été commise est une chose. Qu’elle n’ait jamais été rectifiée, comme chez les anglo-saxons, en est une autre. Il n’est pas normal qu’il soit si difficile de retrouver à la fois le nom de ces femmes mais encore plus leurs œuvres.

Il y a bien des tentatives dans les milieux académiques, mais elles n’équivalent pas à ces women studies effectuées à l’étranger.

Si Georges Sand et Colette sont encore connues aujourd’hui, que dire des Belges ? Qui peut encore citer ne fût-ce qu’un nom ? Marie Gevers peut-être, et encore, parmi les lecteurs, qui s’en souvient ?

Les femmes de lettres belges

Pourtant, des femmes écrivaines belges, il y en a eu. A ce jour, nos recherches nous  ont permis de retrouver une centaine de romancières, dont seize ont obtenu le prix Rossel au 20e siècle. Saviez-vous d’ailleurs qu’en 1938, le premier prix Rossel de l’histoire a été attribué à une femme : Marguerite Guyaux, pour son roman « Bollèche » ?

Qui sait encore aujourd’hui qui est Marguerite Van de Wiele, pionnière de notre littérature naissante qui a donné son nom à un prix toujours décerné… ?

Il nous appartient d’être plus fiers de nos femmes et de notre patrimoine. Dans un premier temps nous avons choisi d’éditer un titre par auteure et de privilégier des œuvres qui n’étaient plus accessibles au public. Le début, nous l’espérons, d’une longue aventure.

Présentation des titres réédités

Nous avons donc l’honneur de vous présenter les premiers titres de la collection :

  • Une Parisienne à Bruxelles de Caroline Gravière (1875)
  • L’invisible de Jeanne de Tallenay (1892)
  • Modeste Autome de Marguerite Baulu (1911)
  • L’intelligence du bien de Jeanne de Vietinghoff (1915)
  • Ame blanche de Marguerite Van de Wiele (1929)
  • Panchiko de France Adine (1941)
  • Le Beaucaron de Nelly Kristink (1949)
  • Dora de Marianne Pierson-Pierard (1951)
  • A la poursuite de Sandra de Louis Dubrau (1963)
  • L’odeur du père de Marie Denis (1972)
  • Nu-tête d’Anne François (1991)
  • Mantoue est trop loin de Madeleine Bourdouxhe (inédit)

 

 

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Date

Nov 21 2019

Heure

20 h 00 min
Passa Porta

Lieu

Passa Porta
rue Antoine Dansaert, 46 à 1000 Bruxelles

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